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Q&R avec Sasaki Senseï

interview issu d’iomag *

Fusako Von Hoegen : Vous avez parlé de l’attitude du praticien vis-à-vis de son jusha. Pouvez-vous donner encore quelques explications à ce sujet ?

Kensunori Sasaki : La maladie nous fait souffrir et nous, les humains, refusons de souffrir. Quand nous sommes malades, nous nous appliquons à nous débarrasser de ce qui nous fait souffrir. Tant que nous sommes en bonne santé, nous ne nous préoccupons guère de notre corps. Prenons l’exemple des pieds. Quand nous sommes en bonne santé, nous ne pensons jamais à nos pieds, bien que nous marchions en nous appuyant sur eux de tout notre poids. Supposons qu’un seul orteil se mette à nous faire mal : alors nous commençons à être trop concernés par cet orteil. Mais cette forme de souci n’est pas inspirée par un réel souci de nous-même : c’est simplement le refus de la souffrance. Bien sûr, un praticien doit aider, mais il aidera encore plus en essayant d’influencer l’attitude du jusha vis-à-vis de la maladie. Par exemple, il peut découvrir, ensemble avec son jusha, quelle est l’attitude sur laquelle la maladie repose en fait. Alors il est capable de conseiller le jusha sur l’approche qu’il doit avoir de lui-même, en terme de style de vie ou d’attitude.

Quand vous traitez simplement le symptôme et non la cause de la maladie, vous pouvez faire disparaître le symptôme, mais si vous ne traitez pas la cause avant le symptôme, alors ce symptôme reviendra, ou peut-être un autre. C’est comme une mauvaise herbe et sa racine. Si vous coupez l’herbe, vous pouvez croire qu’elle a disparu. Mais comme la racine est encore présente, l’herbe va repousser. Le symptôme est la partie visible du disfonctionnement de notre système énergétique. La racine en est la partie profonde et invisible. Les maîtres anciens voulaient atteindre la racine de la maladie. C’est ce que j’entends par « profond ». Cela signifie creuser jusqu’aux parties invisibles les plus fondamentales de nous-mêmes – notre attitude dans la vie.

 

> La méthode du Iokai shiatsu

 

* magazine de l’école Iokai des années 90 édité par Thierry Camagie et Jean-Marc Combe